vendredi 27 novembre 2009

Menaces sur le Droit à l'Avortement à Orléans et dans le Loiret.

Est-ce qu'Eric Doligé, Président du Conseil Général du Loiret avait prévu cette attaque rampante contre le droit à l'avortement en dénonçant la convention passée avec le Centre de Planification et d'Education Familiale de l'hôpital d'Orléans ?

Ou bien, très conscient de ce qu'il fait a-t-il délibérément entériné cette décision de ne plus subventionner cette structure hospitalière, fonctionnant au sein d'un établissement hospitalier public, pour réduire de façon intentionnelle le droit à l'accès à l'IVG des orléanaises, de l'Agglo et même du département du Loiret ?

Entérinant de fait une concurrence qui n'a pas lieu d'être entre le Planning Familial qui est une association et le CPEF structure publique. Toujours est-il que le démantèlement de ce centre de Planification à terme menace l'existence du Centre d'interruption de Grossesse du CHRO.

En effet, pour effectuer une IVG, un entretien avec une conseillère conjugale est obligatoire notamment pour les mineures.
Le CPEF et le Planning Familial répondent tous deux à ce critère, le premier étant au plus près de l'hôpital. Mais il n'est pas question de les opposer, bien au contraire !
Le fait que ces deux structures co-existent laissent le choix à toutes les femmes de passer soit par une association, soit par un service public.

Par ailleurs, le Président du Conseil Général du Loiret peut effectivement rétorquer que le Planning Familial a désormais la possibilité de prescrire le RU486, la pilule abortive.
Cependant, cette méthode ne peut être prescrite après 07 semaines de grossesse.
Il est à noter que les jeunes filles mineures sont de toute façon suivies en milieu hospitalier.

L'autre raison qu'il pourrait invoquer, c'est que le Planning Familial pourrait signer une convention avec le CHRO afin que ses conseillères conjugales puissent intervenir en milieu hospitalier.
Ce qui signifie concrètement que les postes de conseillère conjugale, d'assistante sociale, de sage-femme du CPEF vont disparaître et que le Planning Familial va voir sa possibilité de répondre aux rendez-vous amoindri.

Ce qui signifie par un autre aspect, une baisse de possibilité pour les femmes de consulter en temps et en heure, en grèvant également le délai de réponse du Planning Familial aux demandes de rendez-vous pré IVG.

Or, nous savons toutes aussi que le Planning Familial peut être en butte à des surveillances intempestives d'une certaine gente masculine qui surveille de près les faits et gestes des jeunes filles, femmes de leur famille ou bien celles des "amis".

A ce titre le milieu hospitalier peut pallier à un manque d'anonymat.
Elles peuvent prétexter des visites à une amie malade, et entrer par des chemins détournés jusqu'au CPEF.

Par ailleurs, lorsqu'une femme consulte au CPEF, tout est effectué sur place :
- Test de grossesse,
- datation de la grossesse,
- prélèvement sanguin,
- consultation anesthésie pour celles qui auront besoin d'une IVG chirurgicale ou bien qui l'aura choisie, car c'est aussi de choix dont on parle.
Car le Planning Familial ne peut effectuer des IVG chirurgicales et on comprend pourquoi puisque cela doit être fait au sein d'une structure hospitalière.

Il y a quelques années, on laissait le choix aux femmes de faire une IVG par aspiration sous anesthésie générale ou locale.
La seconde étant moitié moins chère que la première.
Les femmes impécunieuses choisissaient la seconde et en revenaient meurtries tant physiquement que psychologiquement.
Aujourd'hui, on ne leur laisse donc pas le choix.

IVG médicamenteuse ou...IVG médicamenteuse.
Et restriction à la clé.

Pourtant ces deux structures cohabitaient correctement ensemble, travaillaient ensemble, se contactant très régulièrement pour obtenir des RDV en urgence.
Qu'en sera-t-il ensuite ?
En temps de crise, avec tous les problèmes sociaux et aussi le choix personnel des femmes, on sait que les conditions pour mener à bien une grossesse ne sont plus réunies, que le taux des naissances baisse au profit de celui des IVG .
Et la crise est là, bien là, durablement installée pour la population, les femmes qui se voient précariser à tous les échelons de la société, et même très bientôt en politique aussi. ( Réforme des collectivités territoriales )

Par ailleurs, le CPEF menait lui, à titre gratuit, en collaboration avec le Planning Familial des missions d'information et de prévention dans 7 collèges de l'Agglo et 4 lycées, faisant baisser de manière significative le taux d'IVG chez les jeunes filles, le ramenant de de 7 à 5%.

Ces missions ne seront plus assurées que par le Planning Familial qui fait payer ses interventions.
Ce qui semble normal puisque cette association doit rémunérer son personnel, celui du CPEF étant intégré au centre hospitalier.

Nous voici donc à un tournant de société, déjà bien mis à mal par les mariages gris de Besson, la politique sécuritaire basée sur l'immigration clandestine qui font des étrangers des boucs émissaires bien commodes en temps d'élection.

Les femmes font devoir porter en leurs flancs, qu'elles le veuillent ou non, les rejetons de notre France Française, à l'Identité Nationale redéfinie.
Travail, Famille, Patrie, à quand l'annulation de la loi de 1975 ?
A quand la pénalisation de l'avortement ?

Les femmes devront-elles retourner en cortège à l'étranger pour se faire avorter, avoir recours aux faiseuses d'ange qui ne manqueront pas de ressurgir ou bien d'avoir à utiliser les aiguilles à tricoter de nos grands-mères, ces petits conseils de travaux d'aiguilles que l'on se transmettait de femme en femme pour se libérer d'une grossesse non désirée ?

Le Collectif de Défense du Centre de Planification et d'Education Familiale qui vient de se créer va interpeller Eric Doligé à ce sujet ainsi que tous les intervenants qui ont entériné cette mesure désastreuse.

Car à terme, qui va encore payer cette ineptie ? Les Femmes.

Une autre violence qui leur est faite, à l'heure où la lutte contre les violences faites aux femmes a été déclarée grande cause nationale 2010.
En voilà une nouvelle créée de toute pièce par le Conseil Général du Loiret.
Pourra-t-on porter plainte contre lui ?
A voir !

J'en connais un qui va être heureux du côté de l'évêché d'Orléans.
Ce religieux intégriste qui se targue d'être un scientifique averti et qui n'en reste pas au devoir de réserve auquel l'oblige la loi de 1905.

Celui de la Laïcité .

jeudi 26 novembre 2009

L'Egalité, c'est pas Sorcier : Les Femmes, le Pouvoir et la Gauche.


Le 12 novembre dernier, se tenait à La Courneuve, au cinéma l'Etoile, un atelier-forum sur le thème de " l'Egalité, c'est pas Sorcier " ou bien évidemment la place des Femmes en politique, dans la société a tenu une large place.

Un compte-rendu thématique en a été fait.

Une vidéo de cet atelier sera bientôt disponible,

Lors de cet atelier, ont été actées différentes mesures dont deux mobilisations.
L'une concerne le projet de loi relatif à l'élection des conseillers territoriaux.
Le texte suivant est celui de la pétition qui circule actuellement à ce sujet :

L’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités électives est une condition indispensable à l’exercice de la démocratie.

Participantes et participants à l’atelier-forum du 12 novembre 2009, à La Courneuve : « L’égalité, c’est pas sorcier ! Le défi féministe », nous nous élevons solennellement contre le mode de scrutin des conseillers territoriaux proposé par la réforme des collectivités territoriales.

Les nouveaux conseillers territoriaux seraient élus au scrutin majoritaire à un tour pour 80% d’entre eux et par une représentation proportionnelle tronquée pour les 20% restants. Selon des projections réalisées par l’Observatoire de la parité entre les hommes et les femmes, ce mode de scrutin aurait pour conséquence de faire élire, en 2014, une assemblée territoriale composée de 19,3% de femmes et de 80,7% d’hommes.

Cette réforme qui remet ainsi en cause l’article premier de la Constitution française : « La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales », serait une régression sans précédent de la parité entre les femmes et les hommes et un coup terrible porté à la démocratie.

Elle aurait pour conséquence d’exclure les femmes des responsabilités départementales et régionales et remettrait en question la parité des exécutifs régionaux pourtant garantie par la loi de janvier 2007.

Parce que nous sommes attaché/es à la parité politique, nous refusons le nouveau mode de scrutin proposé dans la réforme des collectivités territoriales.

Ensemble, faisons front pour empêcher une telle régression.

Je soutiens cette déclaration, je signe.

L'autre concerne l'incompatibilité d'un mandat politique et une condamnation pour violences sexuelles.

Aujourd’hui, des élus nationaux condamnés pour violences sexuelles légifèrent contre les violences faites aux femmes ; des élus locaux condamnés pour violences sexuelles votent des politiques publiques de prévention et de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles ; des maires condamnés pour violences sexuelles ont sous leur responsabilité la police municipale et les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance.

La Justice les a reconnus coupables de violences sexuelles sur des professionnel/les de leurs institutions et/ou sur des administré/es. Pourtant, ces élus conservent leur mandat et leurs responsabilités.

Participantes et participants à l’atelier-forum du 12 novembre 2009 : « L’égalité, c’est pas sorcier ! Le défi féministe », nous déclarons que la perpétration de telles violences ne peut être compatible avec la mission d’intérêt général dévolue aux élu/es.

C’est pourquoi :
- nous demandons à la Justice de prononcer des peines d’inéligibilité pour toute personne reconnue coupable de violence sexuelle ;
- nous demandons au Gouvernement et aux préfets de suspendre ou de révoquer les élus condamnés pour violence sexuelle ;
- nous demandons aux partis politiques d’exclure ou, au minimum, de ne pas accepter le renouvellement d’adhésion de leur(s) membre(s) condamné(s) pour violences sexuelles.

Je soutiens ces demandes, je signe.

A vos claviers !

mardi 24 novembre 2009

Journée Internationale de Lutte contre les violences faites aux Femmes : 25 novembre 2009.

En France, les derniers chiffres statistiques viennent de tomber comme des couperets sur les deux millions de femmes victimes de violences chaque année.

Et c'est une ronde infernale qui résonne, toujours grandissante, sans réelle volonté de nos gouvernants d'y remédier.
Malgré des polémiques à la petite semaine sur celui ou celle qui serait à l'origine de cette idée lumineuse d'un téléphone portable pour les femmes victimes.
A charge pour elles d'appuyer sur un bouton qui alerterait de suite les autorités.

Je peux parfaitement vous décrire la scène pour l'avoir vécue.

Le conjoint violent est derrière la porte de votre domicile avec une arme, et il défonce consciencieusement cette mince cloison qui fait barrage entre vous et lui.
Il a une arme à la main.
Vous n'avez que le temps de crier aux enfants de s'enfermer dans la chambre du fond, tandis que vous composez le 17.

Jour de chance ?

Un policier répond immédiatement, et puis comme votre adresse est celle d'un foyer d'hébergement pour Femmes "en difficulté" parce que vous êtes déjà partie de chez vous, il diligente effectivement tout de suite une équipe d'intervention.
Mais les coups et les hurlements redoublent de l'autre côté de la porte.
Et elle finit par céder. Les gonds ont sauté.
Vous êtes en plein milieu du couloir de l'appartement.

Pas un voisin pour intervenir, tous terrés chez eux, bien que certains aient appellé la police.
Tétanisée, vous êtes.
Déconnectée par la terreur, le souffle coupé, suspendue au-dessus de vous-même, avec un seul mot comme leitmotiv en votre for intérieur : " les enfants, les enfants, les enfants..."
- "Moi, plutôt que les enfants..."

Vous n'avez plus ni bras, ni jambe, ni poids.
Vous ne sentez plus rien, n'entendez plus rien.
Celui qui tient votre vie entre ses mains, une arme braquée en votre direction vous fait face.
Il hurle. Du moins, vous le supposez.
Il ressemble à un poisson dans un bocal. Vous voyez ses lèvres se tordre en d'affreux rictus, mais vous n'entendez rien.

Vous ne bougez pas, vous ne le pouvez pas, votre vie est comme arrêtée.
Et puis, des sirènes déchirent les limbes dans lesquelles vous vous êtes réfugiée.
Votre cerveau en mode pause, entre les insultes et la vision monstrueuse de la gueule menaçante des deux canons de fusil pointés sur vous, reprend vie.
Malgré les immenses trous noirs inquiétants qui vous toisent et d'où viendrait l'étincelle de mort.

Cavalcade dans les escaliers.
Vous ne savez pas comment. Celui qui était là, il y a un instant a fait volte face et dévale les escaliers quatre à quatre tandis que des cris fusent à l'extérieur.
La Police est là, il l'a entendue.
D'un seul coup votre corps reprend ses droits.
Il tremble et frissonne. Vous avez chaud et froid.
Vous hurlez, courez jusqu'à la porte de la chambre, appelez les enfants.
Vous ne voyez rien dans le noir, ils ont débranché la lumière.

Une petite voix s'élève sous le lit, tout au fond près du mur.
- " Maman, maman, on est là...tu vas bien ? "
- " Où est votre soeur ? "
- " On ne sait pas..."

Des cris de nouveau, un prénom hurlé à vous en étouffer.
- " Maman, je suis là, dans la salle de bain..."
Tapie au fond de la baignoire, dans le noir le plus complet, vous découvrez votre fille.

Alors en plein milieu de la nuit, vous réunissez vos quelques vêtements pour changer d'appartement , aidés des surveillants du foyer.
Rapidement, baissant la tête sous l'oeil torve des voisins qui ne cessaient de le dire que ce n'était pas une bonne idée d'avoir ainsi des appartements "d'urgence" côtoyant ceux des "vrais locataires"....
- " Voyez ce qui arrive..."

Pendant des mois, à la tombée de la nuit, vous ne ferez plus de bruit dès le coucher du soleil.
Ni télé, ni radio, les fenêtes occultées par des draps ne laissant pas filtrer la lumière pour rassurer les enfants qui chuchotent plutôt que de parler et ne peuvent vivre normalement avec cette épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes et de la vôtre.
- " Est-ce qu'il reviendra Maman ?".....

Un téléphone portable...

Qui compose automatiquement un numéro d'appel en appuyant sur une touche.
Et puis quoi ?
A l'autre bout du fil une voix qui vous demandera de confirmer que vous avez bien appellé ?
S'il n'y a pas auparavant un répondeur vous demandant de patienter comme c'est très souvent le cas en composant le 3919, accessible, lui, jusqu'à 22 h seulement...

Engueulez-vous donc tranquillement sur la paternité ou la maternité de cette fausse bonne idée.
Continuez à jouer les hypocrites en faisant mine de vous préoccuper du sort des femmes victimes avec vos 20 portables à titre expérimental.
Pendant ce temps-là, elles continuent à payer le prix fort !

Pendant ce temps-là aussi, on trouvera assez d'argent pour tripler le nombre des vidéos-surveillance . Il y aura aussi un Monsieur drogue, ben tiens, des messieurs fisc traquant les dealers dans les cités qui vivraient grand train...

Les femmes ? Elles peuvent toujours crever.
C'est vrai qu'elles font si peu de bruit...

Meaux, fin de semaine dernière, un mari violent asperge avec de l'essence celle qui l'a quitté quelques mois auparavant, craque une allumette et s'enfuit.
Elle est aujourd'hui dans le coma.

Une parmi tant d'autres :

En france à l'heure actuelle ce sont :

- 2 000 000 de femmes victimes de violence chaque année,
- 155 qui ont perdu la vie sous les coups de leurs compagnons en 2008,
- 1 600 000 femmes victimes de harcèlement sexuel,
- 150 000 viols perpetrés à leur encontre, 1 femme violée toutes les trois minutes et demie ( chiffres 2007-2008)
- 30 000 femmes ou jeunes femmes victimes potentielles de l'excision,
- 70 000 jeunes filles
victimes potentielles de mariages forcés.
- 15 à 30 000 femmes prostituées,
- Femmes SDF, nombre en constante progression, plus 20% en deux années : âge moyen de survie dans la rue : 41 ans contre 57 pour un homme. Agressées et violées dès les premiers soirs
- Femmes étrangères discriminées subissant la double peine ; victimes de violences conjugales ayant quitté le domicile conjugal ; EXPULSEES ! Les maris ? Rien !, Veuves, même punition.

A ces violences, il faut rajouter les Violences sociales :

- Salaires en moyenne inférieur de 27% à ceux des hommes,
- Retraites inférieures de 600 euros à celles des hommes,
- 85% des emplois précaires, temps partiels imposés sont tenus par des femmes,
- 80 % des travailleurs pauvres sont des femmes,
- Travail du dimanche, de nuit...

Attaques sur les Droits des Femmes :

- Accès aux soins de santé de plus en plus difficile,
- Contraception,
- Remise en cause du droit à l'avortement,
- De plus en plus de refus de prise en charge de mineures, femmes sans-papiers,
- Délais d'attente important, quota d'IVG...

Depuis 2007, l'Espagne s'est dotée d'une loi qui prend en compte tous les aspects des violences faites aux femmes, même sur l'égalité, et nous ?
Voilà plus de deux années qu'une loi-cadre est à l'étude par une commission d'évaluation à l' Assemblée Nationale.

Maintenant , il faut qu'elle soit appliquée, partout en France et tout de suite :

- Comparution immédiate devant un tribunal du conjoint violent dès le premier acte de violence.
- Eloignement systématique de l'agresseur du domicile conjugal et mesure contraignante à son égard,
- Aucune médiation pénale,
- Interdiction pour l'agresseur de prendre contact avec la victime,
- Suspension d'autorisation de port d'arme pour celui-ci
- Suspension de son autorité parentale,
- Suivi psychologique et sociale des femmes victimes et de leurs enfants.
- Ordonnance de protection destinée à prévenir les mariages forcés et les mutilations sexuelles
- formation des équipes de police...

Pour consulter cette loi-cadre, cliquez ICI .

Vous pouvez également demander à l'Assemblée nationale le rapport d'information n°1799 tome I et II pour consulter tous les débats, auditions des nombreux intervenants : Associations, collectifs, professionnels de santé, justice... qui ont été entendus en deux années.

J'aimerai ne pas vous dire : -" A l'année prochaine..."
Je crains malheureusement que le 25 novembre ne soit en passe de devenir une autre journée comme le 08 mars.

1 jour pour y penser, 364 autres pour morfler .
Pour deux millions d'entre nous !

lundi 23 novembre 2009

Besson bessonnise, Darcos darconnise, Temps "gris" sur toute la France (I).

Il semblerait qu'il sévit actuellement du côté de nos têtes pensantes, aussi vides qu'un abîme sans fond de bêtise, une pandémie d'insanité aux relents de xénophobie affichée sans vergogne.

Ainsi la bessonnisation des esprits se poursuit :
- " Le ministre de l'Immigration part en guerre contre ces unions dans lesquelles un seul des conjoints sait qu'il n'y a pas de sentiments. Il a mis en place un groupe de travail pour qu'une loi punisse ces mariages ...."

Et bien entendu, exemple à l'appui, choisi pour les besoins de la cause, une femme victime de mariage intéressé, parce que le terme est plutôt celui-là, avec un ressortissant tunisien.
Parce que c'est bien connu, les femmes sont plus susceptibles que d'autres de tomber dans ces pièges.

Ben tiens, en voilà un drôle de postulat.
Cependant, pas question pour moi, de nier qu'il y ait des mariages "intéressés".

Ils existent.
Mais pour mettre un coup de pied dans cette fourmilière nauséabonde, je suis étonnée que Monsieur Besson découvre cette réalité, que le gouvernement découvre cette réalité.

Quid des Messieurs, la cinquantaine ou soixantaine bien sonnée qui se retrouvent après avoir jeté leur ex, un rien trop ratatinée pour l'éclat, l'aura des dits messieurs, avec au bras une minette à peine trentenaire, ou un ex top model amenuisant par sa simple présence (?) quelques défauts physiques de l'époux ou bien censer adoucir une rhétorique, attitude méprisantes, cachant des envies de pouvoir quasi dictatoriales frisant le démentiel, de son magnifique époux ?

Pour quelques mois, années, le temps pour la jouvencelle au regard de l'âge de ces messieurs de se lasser de ces individus qui à l'âge d'être grand-père se paient une seconde jeunesse au travers du minois de la compagne ou nouvelle épouse.
Les portant un peu comme des rolex ou voulant se croire sans doute d'irréductibles séducteurs.

Elles, des étoiles pleins les mirettes, attirées par le pouvoir, le prestige, l'argent, se sentant pour un temps le centre du monde, aimées, choyées (?).
Ou bien froides calculatrices, côtoyant le pouvoir, se sentant au-dessus de la mêlée, pour un temps, un temps seulement.

Toutes les couches sociales de la société sont touchées.
Pas d'identité particulière en ligne de mire ici.
Il semblerait même que certaines nationalités méditerranéennes soient très courues.
On peut ainsi passer allègrement de l'Espagne à l'Italie, ou bien d'un département un peu excentré à la Capitale, pour qui a une ambition certaine, et l'opportunisme franc pour une fois, la traîtrise étant plutôt sa carte de visite habituelle.

Ainsi, toutes et tous pouvons avoir quelques attraits, financiers, de situation pour certaines et certains qui ont besoin de tremplin.
Dans la vraie vie, comme en politique d'ailleurs.

On peut tout à fait retrouver une femme ou un homme à l'initiative d'un courant politique, qui se retrouve phagocyté(e) par celui ou celle qui étant son allié(e) va ensuite tenter de ramasser la mise au détriment de la/du fondat(rice)eur.

Sur un autre plan, quid de ces femmes et hommes qui en guise de vacances vont se balader du côté de la République Dominicaine, des pays asiatiques, de l'Est pour se croire convoité(e)s, admiré(e)s au mieux de leur attirance personnelle sur les autres.
Se payant ainsi une/un gigolette/gigolo, niant qu'ils ne sont que des clients attitrés de réseaux de prostitution.

Certain(e)s se paient mêmes des épouses/époux sur catalogue, croyant choisir ainsi la poupée Barbie ou l'éphèbe qui répondra à tous leurs désirs charnels tout en la/le soumettant aux règles personnelles qu'ils vont édicter.

Les témoignages, reportages ne manquent pas.
On va se chercher la "travailleuse", la " gagneuse" celle qui, dure aux travaux des champs, ne rechignera pas à tenir la maisonnée, cuisine et ménage compris, tout en s'occupant de l'étable, fera peut-être même un rejeton à l'esseulé bien content d'avoir dans son lit une fille choisie entre le tracteur et la moissonneuse-batteuse, et qui pour ne rien gâcher aura somme toute un physique attrayant.

En espérant que 'l'heureuse élue" ne découvre jamais qu'en dehors du seigneur et maître il existe une vraie liberté d'exister, d'être, de vivre ...

Alors " Mariage Gris"...
Ou mariage avec certain(e)s personnes, honnies par notre Ministère, censées abâtardir la nouvelle race des Seigneurs que nous sommes en train de créer ?

Pourquoi ne pas interdire clairement les mariages entre européen(ne)s, ici français(es) en l'occurrence avec des africain(e)s ?
Et par dessus le marché rajouter l'interdiction de relations sexuelles risquant de dégénérer notre race s'il y avait procréation d'un(e) petit(e) crépu(e) basané() à la clé ?
Et pourquoi ne pas stériliser tous ces maghrébins et autres noirs qui métissent la couleur de notre peau ?
Cela ne s'est pas déjà fait par le passé ?

Et puis, comme il semblerait que les descendants d'esclaves contestent la sainte autorité sarkozyste, un nouveau décret interdisant les mariages, copulations et reproductions entre eux et nos "métros" si beaux ?

Re-blanchissons cette peau nationale qui s'ambre au fil des ans, se caramélise...


Alors tant pis pour les femmes étrangères mariées à des français qui les martyrisent, les violentent, les maltraitent, les battent comme plâtre.
Si elles mouftent le moins du monde, il suffit de les dénoncer à la Préfecture comme ayant quitté le domicile conjugal.
Que ce soit vrai ou faux, peu importe.
Encore sous le toit ou bien dans un foyer d'hébergement pour femmes victimes, elle seront expulsables en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les délinquants ayant ici droit de cité sur ces femmes pré-citées.

Peu importe qu'il y ait des témoignages et plaintes prouvant leurs dires.
Réduites à l'état de simples objets sexuels consommables et jetables à merci, plus aucun titre de séjour ne sera renouvelé.
Fissa, schell...Ejectées, expulsées les mousmés et autres moricaudes.

C'est qu'il faut revenir à une nécesaire aryanisation de notre société.
Mais sans l'avouer bien entendu. Soyons hypocrite jusqu'au bout.

Quant aux femmes étrangères veuves.
Même analyse, même punition.
Que surtout elles ne puissent pas de nouveau mêler leur sang impur à nos sillons nationaux.

Alors les femmes sans-papier...
Des sous catégories, de sous-catégories d'humains...

Vous bessonnisez ?
Au prochain épisode, je vous fais darconniser !


vendredi 20 novembre 2009

Sarkozy : " Le Roi, c'est moi ! "


Colère de ma part à l'instant même.

Enième petite phrase insupportable assénée par cet homme méprisant envers les françaises et les français.

Congratulant les tricheurs, mentant à qui mieux-mieux, gouvernant sans doute comme un monarque de droit divin, dont le premier ministre n'est qu'un pantin devant recevoir à sa place huées et conspuations, voici donc que notre Chanoine a dispensé ce matin la parole divine !

Devant son parterre d'élus, zélés zélateurs triés sur son volet personnel, il nous a donc servi non pas du pain béni, mais son habituel pain noir qu'il voudrait nous voir ingurgiter sans réaction aucune :

" Comment ? Le Président de la République invite des maires ( sous-entendu de gauche ) et ces élus refusent de venir...Mais quand le Président de la République invite, c'est la communauté nationale qui invite, et ne pas venir c'est lui faire insulte..."

Et là, je cauchemarde !
Comment ce grossier personnage au langage aussi chatié que celui d'un charretier, ose encore détourner les fondements de notre République ?

Non, Monsieur, vous n'êtes pas la Nation française.

Expression que j'utilise à dessein puisque vous avez osé ce matin employer celle de "communauté nationale".
Vous qui fustigez à longueur de pensums poussiéreux, anachroniques et nauséabonds les différentes "communautés" auxquelles sont accolées sans être dit les dénominations de basanés, crépus et autres termes on ne peut plus xénophobes.

Non, Monsieur, s'il y a bien quelqu'un d'irrévérencieux ici, d'irrespectueux et déplacé, c'est bien vous.

Les Maires, Monsieur, représentent plus surement que vous-même des personnes de terrain, étant au plus près de la population, et par là-même, des représentants de la Nation : France.

Et c'est vous Monsieur qui avez insulté les Français en ne vous rendant pas à leur invitation.
Sans doute n'auriez vous pas goûté les sifflets qui vous attendaient.
Mais quand on se comporte tel que vous le faites, à un moment ou à un autre, il faut s'attendre à un juste retour des comportements que vous avez initiés.

Notre pays est désormais la risée de la Planète.
France honnie en Afrique, moquée de par le monde où vous apparaissez avec votre petit banc, pour vous rehausser comme un coq, lors de discours on ne peut plus passéistes, pour ne pas dire réactionnaires et largement empreint d'un post-colonialisme mal digéré au regard de votre discours de Dakar.

Sans compter les accusations de népotisme vis à vis de vos fils.
Mais cela ne peut qu'éclairer d'une lumière plus crue s'il le fallait vos agissements.

Honte à ceux qui vous ont porté au pouvoir.
Honte à vous d'avoir désormais la prétention de représenter la France.
Honte à vous de vous penser "Deus Ex-Machina"

En leur temps, les coteries cherchaient à faire interdire " Tartuffe" la pièce de Molière.
Eric Raoult a eu vis à vis de Marie N'Diaye une attitude similaire.

Molière s'était prémuni de ces attaques en rajoutant ces derniers mots à sa pièce ;
- « Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs, Et que ne peut tromper tout l’art des imposteurs. ».

Vous êtes le parfait contraire de cette image rhétorique.

L'ordre immuable au pied de la lettre. Le béaba de l'iniquité !

Un billet qu'un navigateur de Loire m'a confié ce matin.
Et je lui laisse aujourd'hui bien volontiers la place.
Car s'il est bien passionné de rugby et de marine de loire, il a aussi, si je puis m'exprimer ainsi plus d'une corde à son arc.
Allez lui rendre visite, profiter de ses Chroniques en Ovalie, de ses écrits où il arrive à tailler quelques costumes jubilatoires à certains, dont un petit arborant rolex au poignet.


L'ordre immuable au pied de la lettre. Le béaba de l'iniquité !

Poursuivant une œuvre de salubrité publique, je me dois de pourfendre l'un des redoutables bastions de l'inégalité, du privilège de naissance et de l'iniquité permanente. Le sujet est d'autant plus sérieux qu'aucune voix ne semble s'élever dans ce pays pour mettre en cause cette position acquise héritée de la civilisation grecque et qui perdure au delà de l'acceptable.

Quand le lait est tiré il faut le boire disait l'aleph qui n'était pas pourtant un grand spécialiste en la matière. C'est de là qui vint la plus grande injustice qui soit, celle qui place la Zibeline au dernier échelon de l'espèce.

Mes propos demeurent sibyllins pour l'honnête lecteur qui prend au pied de la lettres mes remarques abracabrantesques. N'aie crainte, je vais remettre immédiatement de l'ordre dans ce fatras. C'est de l'alphabet que je me plains et de son classement qui s'impose à tous et en toutes occasions.

C'est l'alpha et l'oméga du rangement établi pour l'éternité, un privilège qui place l'âne bien avant le pauvre mulet. Chaque année, le même ordre immuable fait que les enfants Abana passeront toujours bien avant les rejetons Yacoub pour une multitude d'obligations diverses. Une semaine d'angoisse et d'attente de plus pour ceux qui sont rejetés au fond de la classe lors des examens.

Mais s'il n'y avait que ces rendez-vous exceptionnels, la chose serait supportable. La discrimination se répète à longueur de vie avec une régularité sans surprise ni changements. C'est dans le domaine scolaire que ce désordre éthique se fait le plus prégnant. L'ordre alphabétique est souverain en tout ; pour l'appel, pour les notes, pour le bulletin et surtout pour l'ordre d'entrée en scène lors du redoutable conseil de classe.

Déjà, pour les appréciations écrites ou dactylographiées, les premiers sont toujours mieux servis que les derniers. Au fil des lettres qui s'égrainent, la plume se fait lourde et la main aussi. Le commentaire perd de sa finesse pour s'embourber dans des pesanteurs qui n'honorent ni le rédacteur ni le concerné. La litanie des griefs transforme un honnête professeur en un procureur général inflexible quand arrive le fond de l'alphabet.

Mais, c'est lors de la cérémonie du conseil de classe, celle qui scelle le sort des élèves, que l'injustice atteint l'insupportable en frappant toujours les mêmes, les repoussés au bout de ce classement absurde. Les têtes de liste bénéficient de la fraîcheur des acteurs, on leur accorde temps et mansuétude, on examine tous les éléments pour établir un avis circonstancié. Puis, l'heure tourne, la fatigue pèse et les estomacs gargouillent. Les derniers cas sont expédiés au pas de charge pour une première lettre qui vous place à chaque fois dans la portion congrue. À niveau égal, l'élève Zeus risque plus sûrement de se retrouver en enfer que son petit camarade Belzébuth …

L'éducation nationale n'est pas la seule à se trouver prisonnière de cet incroyable carcan. Les circonstances sont multiples dans nos vies quotidiennes. De l'annuaire téléphonique à la liste électorale, de la vaccination bientôt obligatoire pour ne pas perdre la face à l'appel pour la journée citoyenne, l'alphabet domine tout rangement.

Il serait simple de procéder à un tirage au sort pour déterminer la lettre initiale, celle qui n'accordera un privilège que pour cette fois sans renouveler la chose Ad vitam æternam. Il est aussi possible d'alterner simplement les lettres de départ, en bonne intelligence et honnête justice.

Un combat d'arrière garde sans doute, une bataille pour l'égalité en tout cas.

Alphabétiquement vôtre.

jeudi 19 novembre 2009

Le Vieux Lion (Fin)

Accompagner celui qui n'est plus.
Accompagner ce corps déjà enseveli en ce linceul immaculé jusqu'à la matrice de celle qui l'a engendré.

Tandis que les plaintes languissantes des femmes se relaient et s'élèvent jusqu'au ciel, liant le temps de leurs chants mélancoliques le ciel à la terre, et qu'elles le conduisent au giron maternel, les hommes courbent le front.
Eux, occupant si souvent le champ de la parole unisexe suivent en une immense procession silencieuse le cortège funèbre.

La terre ocre de Kabylie appelle le Vieux Lion.
Elle l'attend, ventre offert, trou béant dans lequel il va se fondre, s'engloutir.
Il emportera la fugacité de sa vie.
Elle lui accordera le repos en son sein, aimante et bienveillante.

Dernier rendez-vous d'amour où celle qui l'a enfanté reprendra sa dépouille.

Le fardeau si léger du corps du Vieux Lion s'appesantit sur les épaules de ses fils, au fur à mesure que le cortège approche du cimetière.
L'ultime accolade qu'il leur donne, faisant d'eux les dépositaires de ses combats.
Sa lignée, héritiers oppressés, seront-ils dignes de ce nom qu'il leur transmet ?

L'aîné a cette image fugitive de son père, apparue lorsque recru de fatigue et de chagrin son éveil avait été pris en défaut lors de la veillée funèbre.
Un peu honteux alors d'avoir succombé à la traitresse torpeur qui l'avait vaincu quelques courts instants, il avait sursauté.

Pour l'heure, le rêve lui revient, évanescent et furtif, tandis qu'il tangue au même pas que ses frères...

"...Le Vieux Lion,, blotti dans les bras de son épouse chérie, rend son dernier soupir en lui susurrant à l'oreille une chanson d'Amour. Celle que sa bien-aîmée aime tant mais dont il se moquait gentiment. La taquinant sur sa trop grande sensibilité au chant d'Aît Menguellet, qu'il accusait, mine faussement sourcilleuse, d'être son rival dans le coeur de sa femme et amante..."

Un imperceptible sourire de tendresse se dessine sur les lèvres de l'aîné.
Une larme clandestine échappée du flot de chagrin qui le tenaille, roule sur sa joue.
Le pas raidi, le dos droit, le visage fermé, il poursuit en harmonie avec l'allure des siens, unis et mêmes dans l'affliction, le chemin d'adieu.
L'entrée du cimetière se profile.

Tout juste aperçoit-il la délégation représentant le parti dont le Vieux Lion avait été un électron libre tout au long de sa vie, venue présenter leurs condoléances officielles aux hommes et femmes de sa famille.

Il se souvient combien celui-ci avait été en délicatesse avec eux toutes ces dernières années.
Se rebellant contre leur incompétence, la corruption qui gangrène leur société, le sort funeste fait à la population, hommes, femmes et enfants laissés à l'abandon.
Combien il criait sa colère .
Mais ils étaient là, reconnaissant en ces derniers instants la valeur de celui qui, exigeant de rigueur et d'honnêteté, les avait secoués sans ménagement dans leurs retranchements lâches et ronronnants.

Mais le regard surpris de l'aîné est attiré irrésistiblement au-delà de ceux-là.
Des uniformes en une haie d'honneur statique, se tiennent au seuil de la nécropole familiale.

Les pas des fils atteignent leur proximité, les dépassent lentement.
Une salve d'honneur rendue, tirée à intervalles réguliers accompagne le Vieux Lion jusqu'à son ultime demeure.

L'aîné, mépris au coeur pour cette engeance honnie est écrasé du poids de l'héritage paternel. Comment continuer après lui ?.

Celui qui fustigeait l'iniquité très, trop souvent présente dans les interventions policières.
Celui qui défendait avec véhémence, Printemps Berbère en point d'orgue à tous les débordements possibles, ces dignes fils de Kabylie las de vivre dans l'indignité nationale, réclamant justice, liberté...
Assez d'horreur ! Assez de morts !
Il n'en pouvait plus de porter en terre ces jeunes gens à l'horizon sans avenir.

Le Vieux Lion n'est plus.

Ils ne pourront plus compter sur son autorité respectée qui évitait tant qu'il le pouvait des affrontements sanglants.
Jeunes morigénés, canalisés dans leur colère, policiers tancés vertement, rappelés à la justice et aux droits de la population.

Le Vieux Lion n'est plus.

Qui reprendra ses ambitions d'un pays libre ?
Moyens financiers ne manquant pas à son établissement s'ils n'étaient détournés, dilapidés, pillés sans vergogne ?
Où après tant d'années de malheur et de désillusion les citoyens seraient debouts, écoutés, respectés, vivants enfin dignement ?

Mais le Vieux lion n'est plus, La Terre-Mère attend.

Les fils délicatement déposent et glissent en terre la civière sur laquelle repose le corps de leur père.
L'Imam si discret jusqu'à présent, s'approche.
Les paroles de la
Salât oul Djanâzah s'élèvent, en une seule et même voix profonde, ample et révérencieuse.

La prière éteinte, les youyous reprennent en une longue litanie.
Échos obsédants et enivrants au bruit mat des poignées de terre qui recouvrent la dépouille du Vieux Lion .

Déjà, le linceul n'est plus visible. La blessure de l'excavation s'efface.
La Terre a repris sa forme première, tandis que le vent jusqu'alors invisible fait son apparition.

Un mince tourbillon se forme, emportant vers le ciel une fine poussière d'étoile jaune et irisée.
Je ferme les yeux, je suis orpheline.